L'évolution de la lingerie depuis l'Antiquité
jusqu'au 21ème siècle
Les grecs et les romains s'opposent à l'idée du sein tombant et les femmes ont ainsi recours à la lingerie.
Elles utilisent alors des fascias qui emprisonnent les seins afin de freiner leur croissance ou le mamillare, soutien-gorge de cuir mou chargé d'écraser la poitrine.
Cette lingerie semble être une véritable torture pour les seins car, au contraire, ces dernières années le soutien-gorge a pour fonction de mettre en valeur la poitrine des femmes.
Ces dernières recherchent aussi un certain confort mais elles veulent par la même occasion séduire.
La lingerie que portaient les femmes pendant l'Antiquité n'a plus la même fonctionnalité que les sous-vêtements féminins d'aujourd’hui.
Cependant, un évènement important va libérer, pendant une courte période, le buste féminin jusqu'à lors comprimé : La chute de l'Empire romain et les invasions celtes et germaniques.
Au 12ème siècle, la mode est aux vêtements moulants et la lingerie va suivre le mouvement. Taillé près du corps, lacé, le corsage enserre le buste tel une véritable cuirasse.
Au Moyen-âge, la chemise dans laquelle on dormait, se transmettait de mère en fille pour transmettre force et vitalité à la progéniture.
A l'aube de la Renaissance, les basquines (sorte de corsets) font leur apparition et ne cessent d'évoluer. Ils sont de plus en plus étroits et font des ravages sur le corps des femmes : cages thoraciques déformées, atrophiées…
Mais de nouveaux bouleversements apparaissent au 15ème siècle, les femmes peuvent désormais montrer la naissance des seins. Elles arborent une ceinture sous la poitrine afin de remonter le corsage. Le 15ème siècle voit aussi l'apparition de nouvelles lingeries : la chemise de nuit et la jarretière qui devient objet érotique.
L'attitude redevient vertueuse sous Charles Quint puis Henri II.
La mode change, les femmes portent des robes de couleur sombre et fermées jusque sous le menton. De plus, le corset que les femmes de cette époque doivent porter sous leur robe n'est pas des plus érotiques.
Le 16ème siècle voit apparaître la dentelle sur les manches et les chemises.
De plus, la lingerie s'émancipe, et l'industrie du luxe émerge avec le linge blanc qui devient très à la mode. Cependant L'église est contre les femmes arborant un décolleté. Au 17ème siècle, le cardinal Mazarin rend deux édits contre les passementeries et les éléments de la lingerie féminine de l'époque.
Puis, c'est au tour de l'abbé Jacques Boileau qui publie De l'Abus des nudités de Gorge qui est une charge violente contre les femmes montrant la naissance de leurs seins. Cependant les polémiques autour de la gorge se terminent quelques années après, et les discours libertins les remplacent. Par contre, le corset reste un élément de la lingerie féminine de l'époque, mais il est transformé : on utilise désormais des baleines plus souples et plus nombreuses qui contribuent à le rendre moins contraignant. De plus en plus de femmes reportent le fameux décolleté.
Au 18ème siècle, le corset devient un élément de la garde robe aristocratique et renoue le lien avec l’austérité. L'objectif est de redresser le corps féminin ainsi que ses valeurs. Ce type de lingerie a un avantage : il maintient la colonne vertébrale bien droite, mais présente aussi un inconvénient important : il écrase la poitrine. Bien avant la Révolution de 1789, déjà, Jean-Jacques Rousseau, adepte du retour à la nature, s'opposera à cette lingerie surnommée « pressoir à corps », réservé à une élite.
Ainsi, il prend part à la bataille anti-corset déclenchée, dès 1750, par le corps médical. Le corset était susceptible de nuire à la santé car il était beaucoup trop serré à l'époque. En ville, la mode est au corset, cependant à la campagne, ce n’est pas le cas. Les femmes de condition modeste y ont depuis longtemps renoncé. Elles préféraient porter de la lingerie beaucoup moins contraignante : Le corselet lacé, pas trop serré, qu'elles enfilaient sur leur jupe et leur chemise pour ne pas être gêné dans leurs tâches quotidiennes.
Au début du 19ème siècle, le corset est redessiné en S pour souligner la finesse de la taille et la rondeur sensuelle des hanches. Quand apparaît le mot dessous, la fin du 19ème siècle est proche. Avant la lingerie était appelée « linge de corps ». La dentelle, les broderies et les effets de tissage contribuent à l'ornement de cette nouvelle lingerie qui proposera de plus en plus de pièces coquines, faisant ainsi, le bonheur des dames.
Désormais le corset, jugé trop contraignant, disparaît petit à petit de la lingerie féminine. Certains couturiers comme Paul Poiret, Madeleine Vionnet, le bannissent.
Lors de la Première Guerre Mondiale, la société change en profondeur : les femmes doivent pouvoir bouger facilement. Les hommes sont sur le champ de bataille et leurs compagnes, désormais seules, doivent les remplacer dans les champs ou dans les usines. Elles dissimulent ainsi leur poitrine sous de bandeaux et autres vêtements amples : il n'y a plus aucun effet érotique.
Mais les femmes respirent et s'affirment, on voit l’apparition des jupes plus courtes qui dévoilent la jambe avec les bas et les porte-jarretelles. L'élément qui faisait la lingerie féminine d’autrefois disparaît définitivement de la garde robe de la femme : c’est le corset, désormais remplacé par la gaine, les baleines disparaissent et laissent la place à des ressorts caoutchoutés.
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